CO129-075 - Public Offices - 1859 — Page 133

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Paris. Jan 29/59.

Earl Cowley. No. 198

Hongkong

Paris, le 27 janvier.

Nous recevons les détails suivants sur l'accident arrivé, dans les mers de Chine, à la corvette française le Laplace, à bord de laquelle se trouvait le baron Gros, ainsi que le personnel de l'ambassade française :

Hong Kong, le 12 décembre. Parti de Shang-Haï, le 27 novembre, pour se rendre à Hong-Kong y rejoindre l'Audacieuse et continuer ensuite sa route pour Tourane, la corvette française le Laplace a échoué tout à coup le dimanche 28 novembre, à une heure de l'après-midi, sur des bancs qui s'étendent au nord de l'Île de Tai-Shan. La vitesse acquise par le bâtiment était alors de plus de 9 milles à l'heure. Un temps couvert et peut-être aussi une erreur de position occasionnée par les courants ont été la cause de ce malheureux événement. Toutefois, aucun choc n'ayant été ressenti au moment de l'échouage, il fut bientôt évident que le navire était dans la vase et non sur le sable ou sur des roches; s'il en eût été autrement, le Laplace eut infailliblement péri corps et biens.

La position n'en était pas moins critique. Le bâtiment, soulevé par la mer, qui se brisait dessus, talonnait avec violence; son gouvernail était démonté, une partie de ses ancres et de ses embarcations perdue, et trois de ses marins, qui s'étaient dévoués pour tenter de porter à terre une amarre de sauvetage, avaient péri sans qu'il eût été possible de leur porter secours.

A huit heures du soir, le commandant annonça qu'il ne conservait aucun espoir de sauver son navire, et chacun se prépara, en conséquence, à gagner le rivage comme il le pourrait, en emportant sur soi ce qu'il avait le plus à cœur de ne pas perdre. Cependant le vent était devenu moins violent vers le soir, et une embarcation, plus heureuse que la première, put gagner la terre avec un officier et quelques hommes d'équipage. Ils s'empressèrent aussitôt de faire parvenir à Shang-Haï et à Ning-Po des lettres faisant connaître la position du Laplace, et demandant de prompts secours.

La nuit du 28 au 29, la journée du 29 et la nuit du 29 au 30 n'en furent pas moins des plus cruelles pour les passagers du Laplace. Ce bâtiment, soulevé par les vagues, retombait en frappant le fond, et avançait d'une manière sensible vers la côte. Le 1 décembre enfin, le temps se remit au beau, et aussitôt les jonques du pays, que le canon d'alarme avait inutilement appelées jusqu'alors, arrivèrent en grand nombre. Elles reçurent l'artillerie, les munitions, le lest, les vivres de la corvette; une ancre, la seule qui restât à bord, fut mouillée au large et à la marée haute; le navire ainsi allégé put, sans trop d'efforts, se haler en quelque sorte et se trouver à flot dans 8 mètres d'eau sans que sa machine et sa coque fussent sensiblement avariées.

Le 2 décembre, le Nimrod et la canonnière l'Opossum, de la marine britannique, arrivèrent l'un de Ning-Po, avec le consul d'Angleterre, l'autre de Shang-Haï, ayant à bord le consul de France. Celui-ci apportait la nouvelle que le navire l'Inflexible devait arriver le jour même au secours du Laplace. Pleinement rassuré sur le sort de ce bâtiment, le baron Gros résolut en conséquence de s'embarquer avec le personnel de son ambassade sur le Nimrod pour se rendre à Shang-Haï où il arriva le 6. Il repartit immédiatement pour Hong-Kong sur le paquebot l'Aden.

En arrivant en vue de ce port, ce navire ayant, pour annoncer la présence de l'ambassadeur de France à son bord, arboré les trois couleurs à son grand mât, l'amiral Seymour y envoya aussitôt son capitaine de pavillon. En même temps, tous les bâtiments en rade hissaient leurs couleurs et saluaient l'ambassadeur de dix-neuf coups de canon. Le baron Gros, après s'être rendu à bord du Calcutta pour remercier l'amiral Seymour des secours si empressés de la marine britannique, descendit à terre où l'accueil le plus cordial lui a été fait. Reçu au débarcadère par le gouverneur par intérim à la tête de la garnison sous les armes, salué par les canons de tous les forts, il a été conduit dans la voiture du gouverneur au club de Hong-Kong où un appartement lui avait été préparé.

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Paris. Jan 29/59. Earl Cowley. No. 198 Hongkong Paris, le 27 janvier. Nous recevons les détails suivants sur l'accident arrivé, dans les mers de Chine, à la corvette française le Laplace, à bord de laquelle se trouvait le baron Gros, ainsi que le personnel de l'ambassade française : Hong Kong, le 12 décembre. Parti de Shang-Haï, le 27 novembre, pour se rendre à Hong-Kong y rejoindre l'Audacieuse et continuer ensuite sa route pour Tourane, la corvette française le Laplace a échoué tout à coup le dimanche 28 novembre, à une heure de l'après-midi, sur des bancs qui s'étendent au nord de l'Île de Tai-Shan. La vitesse acquise par le bâtiment était alors de plus de 9 milles à l'heure. Un temps couvert et peut-être aussi une erreur de position occasionnée par les courants ont été la cause de ce malheureux événement. Toutefois, aucun choc n'ayant été ressenti au moment de l'échouage, il fut bientôt évident que le navire était dans la vase et non sur le sable ou sur des roches; s'il en eût été autrement, le Laplace eut infailliblement péri corps et biens. La position n'en était pas moins critique. Le bâtiment, soulevé par la mer, qui se brisait dessus, talonnait avec violence; son gouvernail était démonté, une partie de ses ancres et de ses embarcations perdue, et trois de ses marins, qui s'étaient dévoués pour tenter de porter à terre une amarre de sauvetage, avaient péri sans qu'il eût été possible de leur porter secours. A huit heures du soir, le commandant annonça qu'il ne conservait aucun espoir de sauver son navire, et chacun se prépara, en conséquence, à gagner le rivage comme il le pourrait, en emportant sur soi ce qu'il avait le plus à cœur de ne pas perdre. Cependant le vent était devenu moins violent vers le soir, et une embarcation, plus heureuse que la première, put gagner la terre avec un officier et quelques hommes d'équipage. Ils s'empressèrent aussitôt de faire parvenir à Shang-Haï et à Ning-Po des lettres faisant connaître la position du Laplace, et demandant de prompts secours. La nuit du 28 au 29, la journée du 29 et la nuit du 29 au 30 n'en furent pas moins des plus cruelles pour les passagers du Laplace. Ce bâtiment, soulevé par les vagues, retombait en frappant le fond, et avançait d'une manière sensible vers la côte. Le 1 décembre enfin, le temps se remit au beau, et aussitôt les jonques du pays, que le canon d'alarme avait inutilement appelées jusqu'alors, arrivèrent en grand nombre. Elles reçurent l'artillerie, les munitions, le lest, les vivres de la corvette; une ancre, la seule qui restât à bord, fut mouillée au large et à la marée haute; le navire ainsi allégé put, sans trop d'efforts, se haler en quelque sorte et se trouver à flot dans 8 mètres d'eau sans que sa machine et sa coque fussent sensiblement avariées. Le 2 décembre, le Nimrod et la canonnière l'Opossum, de la marine britannique, arrivèrent l'un de Ning-Po, avec le consul d'Angleterre, l'autre de Shang-Haï, ayant à bord le consul de France. Celui-ci apportait la nouvelle que le navire l'Inflexible devait arriver le jour même au secours du Laplace. Pleinement rassuré sur le sort de ce bâtiment, le baron Gros résolut en conséquence de s'embarquer avec le personnel de son ambassade sur le Nimrod pour se rendre à Shang-Haï il arriva le 6. Il repartit immédiatement pour Hong-Kong sur le paquebot l'Aden. En arrivant en vue de ce port, ce navire ayant, pour annoncer la présence de l'ambassadeur de France à son bord, arboré les trois couleurs à son grand mât, l'amiral Seymour y envoya aussitôt son capitaine de pavillon. En même temps, tous les bâtiments en rade hissaient leurs couleurs et saluaient l'ambassadeur de dix-neuf coups de canon. Le baron Gros, après s'être rendu à bord du Calcutta pour remercier l'amiral Seymour des secours si empressés de la marine britannique, descendit à terre l'accueil le plus cordial lui a été fait. Reçu au débarcadère par le gouverneur par intérim à la tête de la garnison sous les armes, salué par les canons de tous les forts, il a été conduit dans la voiture du gouverneur au club de Hong-Kong un appartement lui avait été préparé. Lusty 140
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copy. Paris. Jan 29/59. Earl Cowley. No. 198 Hongkong Paris, le 27 janvier. Nous recevons les détails suivants sur l'accident ar- rivé, dans les mers de Chine, à la corvette française le Laplace, à bord de laquelle se trouvait le baron Gros, ainsi que le personnel de l'ambassade française : Hong Kong, le 12 décembre. Parti de Shang-Haï, le 27 novembre, pour se ren-- dre à Ilong-Kong y rejoindre l'Audacieuse et conti- nuer ensuite sa route pour Tourane, la corvette fran- çaise le Laptace a échoué tout à coup le dimanche 28 novembre, à une heure de l'après-midi, sur des banes qui s'étendent au nord de l'Île de Tai-Shan. La vitesse acquise par le bâtiment était alors de plus de 9 milles à l'heure. Un temps couvert et peut-être aussi une erreur de position occasionnée par les courants ont été la cause de ce. malheureux événement. Tou- tefois, aucun choc n'ayant été ressenti au moment de l'échouage, il fut bientôt évident que le navire était dans la vase et non sur le sable ou sur des roches; s'il en eût été autrement, le Laplace eut infaillible- ment péri corps et biens, La position n'en était pas moins critique. Le bâti- ment, soulevé par la mer, qui se brisait dessus, ta- lonnait avec violence son gouvernail était démonté, une partie de ses ancres et de ses embarcations per- due, et trois de ses marius, qui s'étaient dévoués pour tenter de porter à terre une amarre de sauve- tage, avaient péri sans qu'il eût été possible de leur porter secours, A huit heures du soir, le commandant annonça qu'il ne conservait aucun espoir de sauver son navire, et chacun se prépara, en conséquence, à gagner le rivage comme il le pourrait, en emportant sur soi ce qu'il avait le plus & cœur de ne pas perdre. Cepen- dant le vent était devenu moins violent vers le soir, et une embarcation, plus heureuse que la première, put gagner la terre avec un officier et quelques hom- mes d'équipage. Ils s'empressèrent aussitôt de faire parvenir à Shang-Haï et à Ning-Po des lettres faisant connaître la position du Loplace, et demandant de prompts secours. La nuit du 28 au 29, la journée du 29 et la nuit du 29 au 30 n'en furent pas moins des plus cruelles pour les passagers du Loplace. Ce bâtiment, soulevé par les vagues, retombait en frappant le fond, et avançait d'une manière sensible vers la côte. Le 1 décembre enfin, le temps se remit au beau, et aussitôt les jonques du pays, que le canon d'alarme avait inutilement appelées jusqu'alors, arrivèrent en grand nombre. Elles reçurent l'artillerie, les muni- tions, le lest, les vivres de la corvette; une anere, la seule qui restat à bord, fut mouillée au large et à la marée haute; le navire ainsi allégé put, sans trop d'efforts, se haler en quelque sorte et se trouver à flot dans 8 mètres d'eau sans que sa machine et sa coque fussent sensiblement avariées. Le 2 décembre, le Nimrod et la canonnière l'Opos- sum, de la marine britannique, arrivèrent l'un de Ning- Po, avec le consul d'Angleterre, l'autre de Shang-Ilai, ayant à bord le consul de France. Celui-ci apportait la nouvelle que le navira l'Inflexible devait arriver le jour même au secours du Laplace. Pleinement ras- suré sur le sort de ce bâtiment, le baron Gros résolut en conséquence de s'embarquer avec le personnel de son ambassade sur le Nimrod pour se rendre à Shang-Hai il arriva le 6. Il repartit immédiatement pour Hong-Kong sur le paquebot l'Aden. En arrivant en vue de ce port, ce navire ayant, pour annoncer la présence de l'ambassadeur de France à sou bord, arboré les trois couleurs à son grand mât, l'amiral Seymour y envoya aussitôt son capitaine de pavilion. En même temps, tous les bâtiments eu rade hissaient leurs couleurs et saluaient l'ambassa- deur de dix-neuf coups de conson. Le baron Gros, après s'être rendu à bord du Caleutia pour remer- cier l'amiral Seymour des secours si empressés de la marine britannique, descendit à terre l'accueil le plus cordial lui a été fait. Neçu au débarcadère par le gouverneur par intérim à la tête de la garnison sous les armes, salué par les canons de tous les forts, il a été conduit dans la voiture du gouverneur au club de Hong-Kong un appartement lui avait été préparé. Lusty 140 :
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Paris. Jan 29/59.

Earl Cowley. No. 198

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Paris, le 27 janvier.

Nous recevons les détails suivants sur l'accident ar- rivé, dans les mers de Chine, à la corvette française le Laplace, à bord de laquelle se trouvait le baron Gros, ainsi que le personnel de l'ambassade française :

Hong Kong, le 12 décembre. Parti de Shang-Haï, le 27 novembre, pour se ren-- dre à Ilong-Kong y rejoindre l'Audacieuse et conti- nuer ensuite sa route pour Tourane, la corvette fran- çaise le Laptace a échoué tout à coup le dimanche 28 novembre, à une heure de l'après-midi, sur des banes qui s'étendent au nord de l'Île de Tai-Shan. La vitesse acquise par le bâtiment était alors de plus de 9 milles à l'heure. Un temps couvert et peut-être aussi une erreur de position occasionnée par les courants ont été la cause de ce. malheureux événement. Tou- tefois, aucun choc n'ayant été ressenti au moment de l'échouage, il fut bientôt évident que le navire était dans la vase et non sur le sable ou sur des roches; s'il en eût été autrement, le Laplace eut infaillible- ment péri corps et biens,

La position n'en était pas moins critique. Le bâti- ment, soulevé par la mer, qui se brisait dessus, ta- lonnait avec violence son gouvernail était démonté, une partie de ses ancres et de ses embarcations per- due, et trois de ses marius, qui s'étaient dévoués pour tenter de porter à terre une amarre de sauve- tage, avaient péri sans qu'il eût été possible de leur porter secours,

A huit heures du soir, le commandant annonça qu'il ne conservait aucun espoir de sauver son navire, et chacun se prépara, en conséquence, à gagner le rivage comme il le pourrait, en emportant sur soi ce qu'il avait le plus & cœur de ne pas perdre. Cepen- dant le vent était devenu moins violent vers le soir, et une embarcation, plus heureuse que la première, put gagner la terre avec un officier et quelques hom- mes d'équipage. Ils s'empressèrent aussitôt de faire parvenir à Shang-Haï et à Ning-Po des lettres faisant connaître la position du Loplace, et demandant de prompts secours.

La nuit du 28 au 29, la journée du 29 et la nuit du 29 au 30 n'en furent pas moins des plus cruelles pour les passagers du Loplace. Ce bâtiment, soulevé par les vagues, retombait en frappant le fond, et avançait d'une manière sensible vers la côte. Le 1 décembre enfin, le temps se remit au beau, et aussitôt les jonques du pays, que le canon d'alarme avait inutilement appelées jusqu'alors, arrivèrent en grand nombre. Elles reçurent l'artillerie, les muni- tions, le lest, les vivres de la corvette; une anere, la seule qui restat à bord, fut mouillée au large et à la marée haute; le navire ainsi allégé put, sans trop d'efforts, se haler en quelque sorte et se trouver à flot dans 8 mètres d'eau sans que sa machine et sa coque fussent sensiblement avariées.

Le 2 décembre, le Nimrod et la canonnière l'Opos- sum, de la marine britannique, arrivèrent l'un de Ning- Po, avec le consul d'Angleterre, l'autre de Shang-Ilai, ayant à bord le consul de France. Celui-ci apportait la nouvelle que le navira l'Inflexible devait arriver le jour même au secours du Laplace. Pleinement ras- suré sur le sort de ce bâtiment, le baron Gros résolut en conséquence de s'embarquer avec le personnel de son ambassade sur le Nimrod pour se rendre à Shang-Hai où il arriva le 6. Il repartit immédiatement pour Hong-Kong sur le paquebot l'Aden.

En arrivant en vue de ce port, ce navire ayant, pour annoncer la présence de l'ambassadeur de France à sou bord, arboré les trois couleurs à son grand mât, l'amiral Seymour y envoya aussitôt son capitaine de pavilion. En même temps, tous les bâtiments eu rade hissaient leurs couleurs et saluaient l'ambassa- deur de dix-neuf coups de conson. Le baron Gros, après s'être rendu à bord du Caleutia pour remer- cier l'amiral Seymour des secours si empressés de la marine britannique, descendit à terre où l'accueil le plus cordial lui a été fait. Neçu au débarcadère par le gouverneur par intérim à la tête de la garnison sous les armes, salué par les canons de tous les forts, il a été conduit dans la voiture du gouverneur au club de Hong-Kong où un appartement lui avait été préparé.

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